Fragilité & Démocratie - Éric FASSIN

[CONFÉRENCE] FRAGILITÉ & DÉMOCRATIE / 28 NOVEMBRE 2014 / 


INFOS PRATIQUES

FRAGILITÉ & DÉMOCRATIE
Conférence 
28 novembre 2014
Exposition Ce Qui Fait Fragilité

Intervenant : Éric FASSIN
Durée vidéo : 42 '

LIBRAIRIE DU 104 - LE MERLE MOQUEUR
5, rue Curial, 75019 Paris

En métro : Riquet, Stalingrad, Marx Dormoy
En bus : arrêts Crimée ou Crimée / Curial (54 et 60)
En Vélib': bornes : rue Curial, rue d’Aubervilliers, rue Riquet,
rue de Tanger, avenue de Flandre, 

en Autolib': 35 rue Mathis, 61 avenue de Flandre, 126 rue d'Aubervilliers, 38 rue d'Aubervilliers

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Mots-clefs : Éric Fassin, fragilité, démocratie, minorité, Rom, société, crise économique, politique, intégration


Voir aussi :

[SITE WEB]
 Le blog d'Éric Fassin sur Médiapart

[EXPO] Ce Qui Fait Fragilité

 

À l'occasion de l'exposition "Ce Qui Fait Fragilité", Éric Fassin, sociologue, chercheur et professeur de science politique a évoqué la fragilité de la démocratie lors d'un conférence le 28 novembre 2014.

Pourquoi réfléchir sur la fragilité ? Sans doute peut-on y voir le signe de la condition humaine. Mais pourquoi aujourd’hui plus qu’hier ? C’est un effet de l’actualité politique. 
Bien sûr, la fragilité des personnes renvoie d’abord à la précarité sociale : l’expérience individuelle s’inscrit dans un contexte économique. Toutefois, il ne s’agit pas seulement d’une « crise », fût-elle durable, mais d’un régime ordinaire. La liquidité du capital suppose des liquidations. Cependant, la précarité n’est pas seulement un dommage collatéral du néolibéralisme ; elle en est aussi le principe. N’est-elle pas l’envers - exalté par les uns autant que redouté par les autre - de la flexibilité ?

Mais il y a plus : cette fragilité de notre condition n’est pas déterminée par les conditions économiques. En réalité, la question est bien politique. Il ne s’agit pas de déplorer, à la manière des conservateurs, l’incertitude d’une modernité où les places ne sont pas toujours déjà données. En revanche, nous découvrons que la loi du marché peut contredire celles de la République. Ce n’est donc pas un hasard si l’essor du néolibéralisme voit aussi monter des populismes xénophobes et racistes qui remettent également en cause, mais autrement, les principes démocratiques.

Il n’est plus possible de croire que nos sociétés auraient vocation à la démocratie, pas davantage que d’autres à la dictature ou au totalitarisme. La précarité actuelle nous oblige à prendre conscience de la fragilité constitutive de toute démocratie.

Éric Fassin est professeur à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, au département de Science politique et dans le Département d’études de genre. Il est chercheur au Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS, CNRS / Paris 8 / Paris 10). Sociologue engagé, il étudie et intervient sur la politisation des questions sexuelles et raciales, en France et aux États-Unis, et sur leurs croisements, en particulier en matière d’identité nationale et d’immigration, en France et en Europe.

Il a publié, avec le collectif Cette France-là, Xénophobie d’en haut et Sans-papiers et préfets (La Découverte, tous deux en 2012) ; Démocratie précaire. Chroniques de la déraison d’État, La Découverte, 2012 ; Roms & riverains. Une politique municipale de la race, La Fabrique, 2014, avec Carine Fouteau, Serge Guichard et Aurélie Windels ; postface à la réédition d’Herculine Barbin, dite Alexine B., de Michel Foucault, Gallimard, 2014 ; Gauche : l’avenir d’une désillusion, Textuel, 2014.