Between Time & Time - Benyounès SEMTATI

[EXPO] DU 13 JANVIER 3 MARS 2012 / DOSSIER DE PRESSE (pdf)  /  BENYOUNÈS SEMTATI /  ŒUVRES EXPOSÉES / CATALOGUE pdf / VOIR AUSSI

Peintures, dessins, collages
Du 13 janvier au 3 mars 2012
Artiste : Benyounès Semtati
Lieu : galerie VivoEquidem, 113, rue du Cherche-Midi 75006, Paris, FR

Tél. : +33 (0)1 83 97 22 56 ou +33 (0)6 16 81 01 48
Ouverture : du mardi au samedi de 15h à 19h30

Contacter la galerie par mail

Après Africa Remix et ses itinérances, Benyounès Semtati a longuement vagabondé géographiquement et mentalement. Ses œuvres, peintures et dessins, ont ainsi successivement montré des individus sans espace, des mondes saturés et des lieux impossibles où l’homme devenait étrange pour ne pas être étranger. Six ans plus tard, l’artiste évoque un monde en équilibre, en suspension, dans une attente sans satisfaction, mais aussi sans souffrance. La poésie froide, étonnement apaisant, qui émane de ses dernières œuvres provient de cette abolition du temps que l’artiste revendique : Mon travail se situe entre la naissance et la mort. Ce qu’il y a entre les deux ce n’est pas le Temps, c’est un état de choses. […]« être », c’est être entre un temps et un autre temps, Between Time and Time…

Le monde vécu est pour Benyounès Semtati un lieu où les « choses sont ce qu’elles sont » : À chaque fois que je pose mon regard sur les choses, c’est comme si elles étaient toujours dans un « état d’être » : état de fleur, état de portes, état d’otarie. C’est cette certitude quasiment ontologique qu’il a délicatement illustrée dans le triptyque Rose inspiré d’un poème de Gertrude Stein (Sacred Emily). Trois pétales de rose flottent chacune sur un fond noir : « Rose is a rose is a rose is a rose ». 

Si aujourd’hui l’individu ne se manifeste plus dans ses peintures et dessins alors qu’il y était très présent auparavant, ce n’est pas que Benyounès Semtati se désintéresse de la condition humaine, c’est plutôt qu’il désire suspendre le moment où il apparaîtra. Les portes fermées le sont parce qu’elles ne sont pas encore ouvertes et non parce qu’elles se sont refermées. La bétonnière dans un champ de fleurs n’est pas à l’arrêt, mais en attente d’activité. Les fleurs ont poussé. La tour reste en équilibre. Le jeu de lego est inachevé. À la question où sont-ils (les individus) ? Benyounès évoque, dans l’une de ses ellipses mystérieuses, le Portugal où les personnages du film de Wim Wender (l’État des choses) attendent en vain de continuer leur travail.

Évidemment, il y a ce polyptyque qui avance certaines réponses avec Adam, Ève et un citron qui remplace la pomme. Une tête de Mickey-Pantocrator est au-dessus de l’ensemble avec, à droite, une référence à la signalétique et au peintre assis. Au début et à la fin — à gauche et à droite donc — à moins qu’il ne s’agisse de la cosmogonie et de l’eschatologie, deux portes rappellent Mondrian et Albers…

Je vis au jour le jour, je ne projette rien. Tout ce qui arrive vient du quotidien. La seule chose que je peux faire, c’est de contempler, y compris les déchets.

L’idée de précarité ne l’effleure pourtant pas et s’il peint sur du carton, c’est par nécessité. C’est le matériau du pauvre, reconnaît-il, mais il existe quand même des rêves en carton-pâte, ce n’est donc pas si mal. Il aime son « toucher », son velouté. C’est une matière qui absorbe, retient et dont les réactions sont parfois mystérieuses. On est sur le qui-vive quand on travaille sur le carton.

Le monde que Benyounès Semtati présente dans ses peintures et dessins lors de l’exposition BeTween Time and Time n’a rien d’un décor en carton-pâte. C’est celui qu’il explore consciencieusement et poétiquement depuis en fait bien longtemps. Sans être un sage, un nihiliste ou un matérialiste, il chemine sur une voie lumineuse et calme dont ses œuvres constituent le pavage.

 

Benyounès Semtati et fabrice Flahutez, critique d'art. Photo©Max Torregrossa

 


Sans Titre, (diptyque), de la série bic six couleurs sur papier, 20 x 36 cm, 2010


Sans Titre, gouache sur carton, 35 x 80cm, 2011

BENYOUNÈS SEMTATI 

Né à Oujda au Maroc en 1966, Benyounès Semtati a toujours vécu en France. Il est reçu aux Beaux-arts de Saint-Étienne, mais des choix personnels et des circonstances professionnelles le conduisent très vite à Arles et Marseille, dans un tour d’Europe puis aux États-Unis et à Paris. Dans le cadre de l’exposition collective Africa Remix (2005), ses œuvres ont été exposées à Düsseldorf, Londres, Tokyo, Johannesburg, Stockholm et Paris au Centre Georges Pompidou.

Au départ, la peinture était pour moi un moyen de pénétrer dans le monde de la représentation et de m’engager socialement avec cet outil. Puis, je suis passé à une période de recherche où les tableaux, dans chaque série, développaient un style différent. Cette pluralité du style m’a questionné et a installé parfois le doute sur le sens du travail. Il m’est apparu par la suite que cette diversité de regards, loin d’être un problème, devenait le sens de mon travail. Le regard, emprunt d’une certaine éducation académique, freinait l’énergie des tableaux. Je pense être sorti de cette impasse entre autres, grâce à plusieurs séjours à New York. La configuration de cette ville a immédiatement déstabilisé mes repères ; je me suis senti dans un état de fascination. Mon statut identitaire s’est déplacé en libérant l’œil ou regard, que je portais sur les individus dans la cité. Ma double culture trouvait dans cette ville un territoire familier. Je bénéficiais d’un petit atelier, pendant deux séjours de trois mois, dans le quartier de City Hall à Manhattan. Dans cet espace je pris la décision de produire uniquement sur papier. Ce support a très vite déclenché chez moi une attitude différente à l’égard de l’œuvre. Que ce soit avec la peinture ou le dessin, mes gestes se sont soulagés des contraintes laborieuses. De nouvelles figures se sont imposées, avec leurs singularités ; la narration des fonds a laissé place à un espace plus abstrait et ainsi une évolution de l’espace s’est également produite dans le travail. Depuis, l’intérêt porté au dessin me conduit aujourd’hui à me servir de ce médium comme un élément fondamental dans le travail. Il me permet d’établir des liens directs entre ce que je vois des comportements animés et le réel ; ou encore, recréer avec les œuvres les relations que j’entretiens avec le monde.  Benyounès Semtati


 

Mots-clefs : Benyounes Semtati, peinture, dessin, collage, gouache, carton, précarité, carton, Maroc


Voir aussi : 

[EXPO] L'Inutile Comme volonté de représentation - SEMTATI

 


ŒUVRES EXPOSÉES

Sans titre, collage sur carton, 70 x 90 cm, 2010  Construction, diptyque, collage, 43,5 x 66 cm, 2011
   


 Le septieme ciel, polypt., gouache sur carton, 108 x 20 cm, 2014  Architecture, Diptyque, gouache sur carton, 69 x 26 cm, 2014   La Tour, collage sur carton, 85,5 x 43,5 cm, 2011
     
Sans Titre, gouache sur carton, 35 x 80cm, 2011 Sans Titre, gouache sur carton, 35 x 80cm, 2011
   
 
l’Otarie, diptyque collage, sur carton, 28 x 24 cm, 2011
Couple, diptyque gouache sur carton, 35,5 x 28cm, 2011 
   
 Sans Titre, (triptyque), de la série bic six couleurs sur papier, 20 x 54 cm, 2010
 
 Sans Titre, (diptyque), de la série bic six couleurs sur papier, 20 x 36 cm, 2010    Sans Titre, (diptyque), de la série bic six couleurs sur papier, 20 x 36 cm, 2010
 
 Sans Titre, (diptyque), de la série bic six couleurs sur papier, 20 x 36 cm, 2010    Sans Titre, (diptyque), de la série bic six couleurs sur papier, 20 x 36 cm, 2010
  Sans Titre, (triptyque), de la série bic six couleurs sur papier, 20 x 54 cm, 2010
 
 
Sans Titre, collage papier sur carton, 40 x 80 cm, 2010 Sans Titre, collage papier sur carton, 40 x 80 cm, 2010
   
   
Sans titre, collage sur carton, 78 x 65,5 cm, 2010 Déchets, gouache sur carton, 40 x 80 cm, 2010 
   
 
Sans titre, collage sur carton, 70 x 90 cm, 2011 La Maison-Dieu, gouache sur carton, 72,5 x 53cm, 2011 
   
Rose is a Rose, collage gouache sur carton, 18 x 60 cm, 2012
 
Doors, polyptyque gouache sur carton, 22 x 170 cm, 2012
 
 Adam et Ève, polyptyque gouache sur carton, 30,5 x 64 cm, 2011