Civilization a Derogatory List-Vassili BALATSOS

[EXPO] DU 14 NOVEMBRE AU 5 JANVIER 2013 / CATALOGUE pdf  / VASSILI BALATSOS /  VIDÉOTEXTE de Christian Bernard ŒUVRES EXPOSÉES 

Installation, collage, dessin, objet, photographie
Du 14 novembre au 5 janvier 2013
Artiste : Vassili Balatsos
Lieu : galerie VivoEquidem, 113, rue du Cherche-Midi 75006, Paris, FR

Tél. : +33 (0)1 83 97 22 56 ou +33 (0)6 16 81 01 48
Ouverture : du mardi au samedi de 15h à 19h30

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Vassili Balatsos, présente la vision d’un monde où l’individu, résidant du village global, ne détermine plus l’espace qu’il habite. Il se retrouve alors pris dans des rapports de force démesurés avec les évènements planétaires...

Né en 1966, Vassili Balatsos n’a qu’un an lorsque les colonels prennent le pouvoir en Grèce. Durant toute sa jeunesse, les mouvements terroristes sont actifs en Europe : Fraction Armée Rouge (Allemagne), 17N (Grèce), Brigades Rouges (Italie), Action Directe (France). Il grandit alors avec l’idée que la violence est inséparable des rapports sociaux.

À la Villa Arson (Nice), de 1985 à 1990, Vassili Balatsos croise les néoexpressionnistes allemands venus enseigner ou montrer leurs travaux dans cette École pilote internationale d’art et de recherche (EPIAR). Auprès d’Immendorff, d’Oehlen, de Lüpertz ou de Kippenberger — qui dénonçaient au seuil du postmodernisme une idéologie dominante —, il en vient à considérer l’atelier de l’artiste avant tout comme un laboratoire où doivent s’étudier et s’éprouver les relations humaines. 

En 2012, Vassili Balatsos constate le désarroi de l’individu face à des évènements auxquels il ne peut échapper en raison de leur ampleur, mais dont il ignore tout de leurs conditions initiales. En exigeant la diffusion et le partage de toute la connaissance, la civilisation de l’hypermonde soumet dorénavant l’être humain à une responsabilité qu’il ne peut supporter, incapable de résister à la pression économique, sociale, politique ou même scientifique d’événements planétaires.

Avec sa production artistique, Vassili Balatsos montre la difficulté d’appartenir à la fois au monde actuel et d’exister tout à fait individuellement. Comme si cet hypermonde qui émerge de ce long hiver économique ne pouvait en fin de compte se satisfaire que d’une seule destinée humaine plutôt que de la somme de toutes celles des individus. 


VIDÉO

Vassili Balatsos parle de son exposition 


17 nov. (détail), photo anthropométriques des terroristes du mouvement du 17 novembre et photo identité de l'artiste, 2011

 

Geo-box, couvercle boite à gâteaux, photgraphie d'identité, 2012

 

Vassili Balatsos en cours d'installation à la galerie 

 

VASSILI BALATSOS

Vassili Balatsos vit et travaille à Athènes (Grèce). Il a fait ses études à la Villa Arson (Nice) de 1993 à 1997.

Depuis 20 ans, le travail s’étend sur diverses pratiques allant de la peinture au collage, de la sculpture au dessin mural et la photo. Chaque pratique est en rapport avec le sujet traité. Le paysage urbain et naturel, l’identité et le spectacle social, l’histoire et l’expérience individuelle. Basé sur une économie des moyens et d’une esthétique constructiviste, son travail explore chaque moment de l’affrontement entre l’individu et la réalité.

Les variations sur le sujet, la répétition, le quotidien sans banalité, l’humour, la modernité sont parmi les composants de l’œuvre.

De 2014 à 2015, il part suivre les traces de Magellan en Asie dans le cadre de Magellan project, une expérimentation d’un voyage avec possibilité de non-retour.

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Mots clefs : Vassili Balatsos, Histoire, Athènes, Grèce, village global, Villa Arson, Christian Bernard

 Vassili Balatsos. Photo © Max Torregrossa

 

LA LAMPE ET LE PANTOGRAPHE  Par christian Bernard, directeur du MAMCO (Genève)
 

Il fut un temps où les cigarettes étaient vendues en boîtes. De jolies boîtes en métal ou en carton. Elles n’annonçaient pas leur intention de nous tuer, elles n’étaient pas décorées par des cancers. Elles faisaient synecdoques de notre distinction. Elles arbitraient nos rêves de chic. En Grèce, à l’intérieur des couvercles des Ethnos, des Santé, des Papastratos ou des Karélias, les fumeurs pouvaient se faire une idée de l’usine d’où provenaient leurs cigarettes. Un dessin au trait, clair, géométrique, à la perspective dynamique, schématisait la modernité de l’industrie des plaisirs tabagiques.

Il fut un temps où l’on pouvait rêver devant l’image d’une usine et s’en trouver partie prenante du monde désirable. Avec le déclin de l’industrie occidentale et la crise corollaire qu’emblématisent les esthétiques post-modernes, ces élégantes boîtes de cigarettes sont devenues, avant de se raréfier ou de disparaître, des musées portatifs des programmes constructivistes de la beauté moderne. Leur charme, qui est aussi celui des photographies des Becher, procède de la nostalgie d’une époque qui espérait éradiquer de l’histoire toute mélancolie. L’architecture, la peinture et l’industrie échangeaient leurs procédés pour former un nouveau monde.

On comprendra par là pourquoi et comment Vassili Balatsos a trouvé dans ces boîtes les modèles ready-made de ses dessins muraux. Le caractère hybride de ces matrices où se croisent la grille moderniste gardienne du plan, les faisceaux rectilignes issus de la perspective renaissante et l’esthétique épurée du dessin technique, offrait, au début des années 1990, une structure chimérique susceptible de déplacer et d’enrichir les problématiques sommairement dites « néo-géo ».

Le ruban adhésif, le zip, ayant joué le rôle que l’on sait dans les nettes partitions des champs colorés de l’abstraction américaine, il suffisait d’user de ce truchement, ligne ou bande, comme d’un médium à part entière, à la façon des lumineuses cartographies urbaines du Mondrian des Boogies Woogies, mais en faisant fonds des couleurs que ses emplois diversifiés avaient multipliées. Ainsi, les petits dessins en noir et blanc enclos dans les boîtes de cigarettes fournirent-ils la trame de grandes compositions murales polychromes, reflétant à la fois le moment radical de la peinture abstraite et le retour du genre du paysage appliqué aux nouvelles ruines poétiques que sont les friches industrielles quand elles ne sont pas réaffectées à des institutions artistiques.

 

Ni la peinture de paysage ni les usines disparues ne sont les seuls objets obsolètes revisités par Vassili Balatsos. Au titre de la nature morte, on pourrait citer une série d’aquarelles représentant des lampes d’anciens postes de radio, traitées en gros plan, dans un rendu stylisé où semblent passer les fantômes des paysans du dernier Malévitch et du style contrasté des publicités constructivistes. Ces ampoules des temps héroïques de la TSF évoquent moins une victoire contre le soleil qu’elles ne tracent la métaphore d’une illumination toute mentale.

Dans ce registre, les très étranges tableaux dont l’unique motif provient des premiers tubes à rayons x prolongent cette interrogation sur la contradiction entre les peintures et l’invisible. Coulés dans les effets spécieux des couleurs métallisées, ils suggèrent aussi bien des navires interstellaires que des sous-marins figés dans la gelée d’un magma virtuel comme l’Espoir de Caspar David Friedrich dans les glaces fracassées de la Baltique. Crise du rationalisme, éclipse de la raison et deuil de l’histoire forment le substrat de ce travail profondément spéculatif. Condamné comme nous tous à scruter l’écran noir du futur, l’artiste va extraire du passé des objets techniques à fort coefficient symbolique.

Entre science, science-fiction et jeux vidéo, la géographie, ses cartes, ses plans-reliefs, ses schémas, ses translations analytiques du monde physique, la guerre, ses armes, sa pulsion, sa tragique coïncidence avec le processus civilisationnel, l’architecture, quand elle bâtit en pensant ou quand elle se fait sculpture modelant l’espace, fournissent tour à tour aux installations et aux collages de Vassili Balatsos formes et motifs fragmentés, poussières d’un devenir en gestation sur les débris galactiques de la confusion des temps. Ses photos d’identité successives y scandent la litanie de ses métamorphoses. Autant de biographèmes où l’autoportrait s’esquisse et s’esquive par (ses) inconnus interposés.

Il fut un temps où les dieux faisaient des cadeaux aux hommes, cadeaux parfois empoisonnés. Ainsi Épiméthée aurait-il été bien avisé de refuser Pandore, l’épouse que Zeus lui offrit. La curiosité dont Héra l’avait gratifiée lui fit ouvrir sa boîte mystérieuse d’où jaillirent tous les malheurs des hommes avant qu’elle ne la referme sur la seule espérance. En ouvrant ses boîtes de cigarettes ou l’encyclopédie des mondes perdus, Vassili Balatsos ne songe pas à dissiper les illusions, il s’en tient à radiographier l’incertain.

2013

ŒUVRES EXPOSÉES (Landscape, objet, feutre, photomaton)

 


Independent Landscape N° 1,
2012, scotch industriel sur papier, 75 x 104,5 cm

 

Independent Landscape N° 5, 2012, scotch industriel sur papier, 75 x 104,5 cm


Independent Landscape N° 12,
2012, scotch industriel sur papier, 75 x 104,5 cm

 


Independent Landscape N° 25, 2012, scotch industriel sur papier, 75 x 104,5 cm


Independent Landscape N° 29,
2012, scotch industriel sur papier, 75 x 104,5 cm

  Independent Landscape N° 16, 2012, scotch industriel sur papier, 75 x 104,5 cm
 

Independent Landscape N° 15, 2012, scotch industriel sur papier, 104,5 x 75 cm

   

Independent Landscape N° 28, 2012, scotch industriel sur papier, 104,5 x 75 cm

     
  
Regine, huile sur toile, 73 x 116 cm, 2012  #10
   Heat Waves, Radio Waves, huile sur toile, 73 x 116 cm, 2013  #9
     

11 Sept., collage, photographies, 100 x 80 cm, 2005 

 

17 Nov., collage, photographies, 100 x 80 cm, 2005 

     
 Pyramid Paradox, affiche et collage, 160 x 45 cm, 2007    

Map South-America, feutres sur papier, A4, 2003
     



 
Map North-America, feutres sur papier, A4, 2003

 

 

 

 



 

     
SÉRIE FEUTRE    

Cleaners 6, feutre sur papier, A4, 2003

 

Dead or Alive, feutre sur papier, A4, 2003

     

Cleaners 2, feutre sur papier, A4, 2003

 

Cleaners 3, feutre sur papier, A4, 2003

It's gonna be ok dude, feutre sur papier, A4, 2003

 

Dead Again, feutre sur papier, A4, 2003

     

Roma warriors
, feutre sur papier, A4, 2003
 


Buddies
, feutre sur papier, A4, 2003

         
SÉRIE PHOTOMATON        
         
Genova, photomaton 1990

  Lyon, photomaton 1988   Nice 3, photomaton,1988
Rotterdam, photomaton,1990   Nice gare, photomaton, 1992  
Pisa, photomaton, 1989