Hyperception - Sylvester ENGBROX

[EXPO] DU 4 MARS AU 30 MAI 2009 / DOSSIER DE PRESSE (pdf)  /  SYLVESTER ENGBROX  /  ŒUVRES EXPOSÉES / TEXTE  / VOIR AUSSI /

Peintures
Du 4 mars au 30 mai 2009
Artiste : Sylvester Engbrox
Lieu : galerie VivoEquidem, 113, rue du Cherche-Midi 75006, Paris, FR

Tél. : +33 (0)1 83 97 22 56 ou +33 (0)6 16 81 01 48
Ouverture : du mardi au samedi de 15h à 19h30

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L’exposition dévoile une vingtaine de nouvelles toiles montrées lors d’accrochages successifs. Il s’agit de la deuxième manifestation consacrée à cet artiste.
Nous verrons comment l’acte créateur d’Engbrox s’est déplacé d’une über-réalité à une über-perception. Cette über-réalité (sur/hyper-réalité) se caractérisait par l’absence de jugement et de constat dans les représentations d’Engbrox, et ce, malgré un réalisme intentionnel certain. Evidemment, le fait que Sylvester Engbrox soit de la génération qui a grandi à Düsseldorf dans les années soixante-dix et quatre-vingt et qu’il ait reçu une très solide formation de photographe à Arles ne sont pas sans significations.

Pour lui, le monde visible de sa jeunesse, des reliquats de la Nouvelle Objectivité aux fulgurances de Gerhard Richter en passant par les images diffusées à grande échelle des actions de la RAF, a constitué un « fond » nourricier évident.
 

 Motorcycles, huile sur toile, 110 x 140 cm, 2007 

Voir aussi : 

[EXPO] Ausstralhung

[EXPO] The Good & The Bad Life - Sylvester ENGBROX

[EXPO] Follow Me - Sylvester ENGBROX

[LIVRE] Follow Me 

[EXPO] Sylvester ENGBROX

 

Below the Trees, huile sur toile, 114 x 146 cm, 2010

 

SYLVESTER ENGBROX

Sylvester Engbrox est allemand et installé en France depuis 1986. Il peint depuis son adolescence et a exploré la photographie et la musique. Il a suivi la formation de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, mais revient à la peinture, au début des années 1990. « J’ai commencé par couper dans la presse, des prospectus de vacances ou des magazines de télévision, d’importantes quantités d’images pour les classer selon une typologie inventée. Cette partie du travail passe aujourd’hui par Internet et par mes propres archives photographiques. Ce catalogage parfaitement inutile d’un monde représenté ne clarifie rien : plus on voit d’images, moins on comprend. Mais ce rangement, cette perpétuelle comparaison d’une représentation avec une autre finit par créer des ponts entre certaines d’entre elles. Parfois même, ces confrontations provoquent une nouvelle image. C’est cette image, apparue à mon insu, que je peins. Ma peinture est issue de ce classement obsessionnel.  Mes toiles tentent de réparer un espace-temps perturbé après un crash, de le redéfinir, en y imbriquant ce qu’il reste : des bouts d’images rassemblés ». 

Depuis 2011, il est enseignant à l’Atelier de Sèvres et depuis 2015 il réalise de nouveau des photographies.



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Site web de Sylvester Engbrox

 

Mots clefs : peinture, Sylvster Engbrox, hyperception, photographie, Allemagne, années 70, magazine,  Internet, image, Düsseldorf

 

 


HYPERCEPTION par Max Torregrossa    
     

Ceux qui ont eu l’occasion de voir la première exposition de Sylvester Engbrox en 2008 ont pu assister à la genèse d’un artiste hors du commun.
Certes, quelques-unes des toiles avaient plus de dix ans, mais elles n’avaient jamais été montrées et la promiscuité de ces premières œuvres avec celles de 2005, 2006 et 2007 (entre-temps, l’artiste avait cessé de peindre) constituait la « soupe originelle » d’un monde en formation. Nous avions alors sous les yeux tous les éléments primordiaux et, pour être tout à fait honnête, je suis persuadé que l’on a assisté à un moment considérable.

Aujourd’hui, l’univers de Sylvester Engbrox est en pleine expansion et entre le 4 mars et le 30 mai prochain nous verrons comment l’acte créateur d’Engbrox s’est déplacé d’une über-réalité à une über-perception. Cette über-réalité (sur/hyper-réalité) se caractérisait par l’absence de jugement et de constat dans les représentations d’Engbrox, et ce, malgré un réalisme intentionnel certain. Tous ses personnages évoluaient dans des environnements étranges, parfois hostiles, inquiétants souvent dénudés, mais sans que l’on puisse jamais attribuer à l’image (c’est-à-dire venant d’elle exclusivement) une sensation précise d’angoisse, d’attente ou d’érotisme, bien que les femmes de Sylvester soient physiquement attractives.

Tandis que la scène représentée nous devenait familière, des détails se détachaient peu à peu et commençaient à attaquer ce que l’œil venait de construire. Des incohérences anatomiques, une structure précise du décor, un reflet ou un espace étrangement laissé libre sur la toile s’imposaient finalement au regard du spectateur. Ce dernier se retrouvait ainsi captif et devenait le troisième élément de l’image, après le personnage représenté et le décor dans lequel il évoluait. C’est alors que se mettait en place cette über-réalité dont j’ai parlé.

Evidemment, le fait que Sylvester Engbrox soit de la génération qui a grandi à Düsseldorf dans les années soixante-dix et quatre-vingt et qu’il ait reçu une très solide formation de photographe à Arles ne sont pas sans significations.

 

Pour lui, le monde visible de sa jeunesse, des reliquats de la Nouvelle Objectivité aux fulgurances de Gerhard Richter en passant par les images diffusées à grande échelle des actions de la RAF, a constitué un « fond » nourricier évident. 
Là-dessus s’est ajouté tout Andy Warhol, le cinéma de David Lynch, la photographie des Becher et la musique de Kraftwerk.

Ainsi, Sylvester Engbrox s’est toujours intéressé à une certaine projection de la réalité qu’il a mis aussitôt en doute puisque cette réalité mentait, trompait, cherchait à manipuler et se voulait surtout définitive. Lui qui, depuis des années a compilé et classé méthodiquement des dizaines de milliers d’images tirées de la presse grand public, des magazines de télévision ou d’Internet, a assez vite su que le monde, dans son domaine sensible, s’il existe bel et bien, n’est pas aussi vrai qu’on le dit ou qu’on cherche à nous le faire croire. 

L’ère numérique qu’Engbrox a quasiment vu naître et qu’il a accompagné au plus près a confirmé cet état de fait. En effet, la « chose numérique » – c’est même son essence – n’oublie rien, ne jette rien, elle accumule sans cesse toutes les réalités les unes après les autres, et toutes sont vraies. Aujourd’hui, grâce à la technologie, nous pouvons les retrouver presque instantanément, sous leur forme exacte telles qu’elles nous furent proposées initialement. Devant cette multitude, nous sommes alors obligés d’admettre qu’il n’existe pas de vérité « originelle », une doxa de la réalité. Assurément le monde ne peut qu’en être changé…

C’est pourquoi, devant ces nouvelles toiles, nous nous trouvons avec cette über-perception, une sur/hyper-perception qui ne semble négliger aucun point de vue. Certaines périodes du cubisme l’avaient déjà fait spatialement. Restait à le faire au niveau supérieur de la conscience du monde.

C’est ce que fait Sylvester Engbrox.

 

ŒUVRES EXPOSÉES

 

Passenger, huile sur toile, 140 x 110 cm, 2009

 

Katherin with Handbag, huile sur toile, 180 x 140 cm, 2009

     

Rain, huile sur toile, 140 x 110 cm, 2008

 

Nude in Bilbao, huile sur toile, 140 x 110 cm, 2008

     

Girl with Plasticbag, huile sur toile, 130 x 97 cm, 2008

 

Air Disaster 4, huile sur toile, 140 x 110 cm, 2008

     
 

Famke with Husband, huile sur toile, 180 x 140 cm, 2009

   

Christine with shoes, huile sur toile, 180 x 140 cm, 2009

     
  
Lothar in the Waxmuseum, huile sur toile, 180 x 140 cm, 2009
   

White Thigh, Corfou, huile sur toile, 140 x 180 cm, 2009 
     

Hotel Playa
, huile sur toile, 140 x 180 cm, 2009
 
Breath
, huile sur toile, 140 x 180 cm, 2009
     

Three
, huile sur toile, 54 x 76 cm 2009
 

Lorelei, huile sur toile, 38 x 46 cm 2009