LE SEIN-DESSIN

[EXPO] 12 MARS - 2 AVRIL 2016 /  INFOS PRATIQUES / TEXTE DE MADELEINE FILIPPI / [artistes] : BIANCA ARGIMON / ZOULIKHA BOUABDELLAH / CAMILLE DE GALBERT / LÉO DORFNER / MOUNIR FATMI / SARAH FISTHOLE / CARLOS FRANKLIN / POLE KA / CENDRES LAVY / MARTIN LORD / LUCIEN MURAT / DOMITILLE ORTES / BERTRAND ROBERT / FRED SALLAZ / JULIEN SERVE / MICHAELA SPIEGEL / JEANNE SUSPLUGAS / TATIANA WOLSKA / MARION ZILIO / [Vidéo] Dr ÉMILE DARAÏ 

 
Vue de l'exposition LE SEIN DESSIN, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

La galerie VivoEquidem et Madeleine Filippi, critique d’art, présentent « Le sein-dessin », une exposition caritative au profit de l’association Le Cancer du Sein, Parlons-en ! avec le patronage du professeur, Émile Daraï , chef de service Gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction de l’hôpital Tenon.

Cette exposition réunit des artistes de différents horizons souhaitant associer art contemporain et recherche médicale. Le produit de la vente de leurs œuvres est entièrement reversé à l’association Le Cancer du Sein, Parlons-en ! l’une des premières associations en France dédiée à l’information sur le cancer du sein et le dépistage précoce. Rappelons que 53 000 nouvelles personnes sont touchées chaque année par cette pathologie.

Madeleine Filippi, critique d’art et commissaire de l’exposition, a demandé aux artistes de réfléchir à ce difficile sujet et de proposer des œuvres graphiques évoquant aussi bien la maladie que les attributs de la féminité. Peut-être également en hommage aux « Vénus » du néolithique.

 

INFOS PRATIQUES

LE SEIN-DESSIN

Artistes :  Bianca Argimon, Zoulikha Bouabdellah, Camille de Galbert, Léo Dorfner, Mounir Fatmi, Sarah Fisthole, Carlos Franklin, Pole Ka, Cendres Lavy, Martin Lord, Lucien Murat, Domitille Ortès, Bertrand Robert, Fred Sallaz, Julien Serve, Michaela Spiegel, Jeanne Susplugas, Tatiana Wolska et Marion Zilio.

Du 12 mars au 2 avril 2016
Vernissage : samedi 12 mars de 17 à 22 h
Commissariat : Madeleine Filippi

Événement : 
Conférence de Florian Gaité le jeudi 31 mars à 19 h
La Défigure. Représentations réalistes de l’orgasme dans les arts contemporains.
Réservation conseillée : conference@vivoequidem.net

Galerie VivoEquidem : 113 rue du Cherche-Midi 75006 Paris
Tél. : +33 (0)1 83 97 22 56 ou +33 (0)6 16 81 01 48

     

 


Le professeur Émile Daraï est le parrain de l'exposition caritative LE SEIN-DESSIN. Il est chef du service de Gynécologie obstétrique de l’hôpital Tenon (Paris) et responsable du Centre Expert en Cancérologie Mammaire à l’APHP, évoque les enjeux de cette pathologie.

LE SEIN-DESSIN PAR MADELEINE FILIPPI, COMMISSAIRE DE L'EXPOSITION

"Sein. Symbole de protection, de maternité, de sécurité et de ressource. Lié à la fécondité et au lait, qui est la première nourriture, il est associé aux images d’intimité, d’offrande, de don et de refuge. Coupe renversée, de lui comme du ciel en découle la vie. Mais il est aussi réceptacle ; comme tout symbole maternel, et promesse de régénérescence. Le retour dans le sein de la terre marque, comme toute mort, le prélude à une nouvelle naissance."  
Dictionnaire des symboles, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant. p. 857

Le point de départ de cette exposition a été la découverte de la représentation d’une « déesse-mère » aurignacienne, dans la Grotte Chauvet.

Cette figure féminine, réduite à la représentation du « mont de Vénus », est abritée entre une lionne et un bison. Le travail de dissimulation évoquerait selon certains experts la nécessité de ne pas laisser une lecture aisée au visiteur non averti. La femme incarnerait donc un mystère à découvrir… Cet aspect, et l’exaltation du caractère sexué de la femme mis en parallèle avec un couple d’animaux m’ont particulièrement intéressé. Cette représentation révèle un paradigme qui parcours l’Histoire de l’art et nos sociétés : la femme-matrice et son caractère sacré, au sens ontologique, c’est-à-dire, quelque chose d’intangible qui inspire la crainte.

Dès lors, je me suis interrogée sur la représentation de la féminité à l’ère contemporaine. Les attributs féminins n’ont pas, ou peu évolués. C’est en gardant à l’esprit que l’art contemporain se doit d’être le reflet de notre société et de ses combats, que j’ai invité les artistes à proposer des œuvres évoquant leurs regards sur la féminité. Le choix du médium est ici un hommage aux représentations des Vénus Paléolithiques. Le caractère intime et presque charnel du dessin offre une plasticité particulièrement intéressante pour un projet tel que celui-ci.

Rapidement, le choix d’une exposition caritative au profit d’une association luttant contre le cancer du sein est apparu comme une évidence. Cette maladie est alors devenue prétexte à témoigner de la grande diversité d’interprétations de la féminité.
La sélection des œuvres a été pensée à travers le prisme d’une lutte continuelle entre Éros et Thanatos. La féminité et le regard sur la maladie ont été les axes de réflexion privilégiés.

L’exposition réunit des artistes de différents horizons et donne à voir des regards vifs, intimes, poétiques et parfois violents. Les artistes ne se contenteront pas de proposer un panel de ce que pourrait être une représentation actuelle des attributs féminins, ils s’interrogeront sur l’essence de la féminité et son caractère à la fois social, religieux ou encore politique. Certains tenteront d’aller plus loin que la représentation du corps pour révéler les aspects psychologiques et sociaux de cette maladie qui avec environ 53 000 nouvelles personnes touchées chaque année, est devenue le cancer féminin le plus répandu.

Madeleine Filippi


BIANCA ARGIMON
Bianca Argimon, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

Née en Belgique en 1988. Vit à Paris
Formée au Central Saint Martins de Londres, et actuellement sur les bancs de l’École des Arts décoratifs de Paris, Bianca Argimon compose grâce au dessin, à la peinture et à l’animation un univers très inspiré de faits réels. Sa démarche emprunte littéralement le chemin opposé de ce que son dessin suppose. Le tracé y est vif, le dessin est clair sans touches superficielles qui viendraient perturber le sujet que l’artiste traite, ce qui procure une lecture sans confusions. La mise en scène de ses personnages évoque le tempérament ambivalent de la société contemporaine et remet inlassablement en question les valeurs établies comme la bonne morale, les politiques, l’ordre social ou encore les bien-fondés artistiques. Elle aspire à représenter un monde en proie à des métamorphoses brutales, un monde devenu l’arène d’un combat permanent.

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« 1 »  et « 2 », Sérigraphie au pochoir. 2 x 67 x 102 cm. Pièce unique. 2015.Existe en quatre versions

LÉO DORFNER
Léo Dorfner, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

Né en 1985 à Paris. Il vit et travaille à Paris.
Les œuvres de Léo Dorfner sont une relecture des images classiques vouant un culte à la culture pop et rock’n’roll. L’écart formel entre la représentation illustrative des corps et l’ajout de texte (typographie, logo et dessin) sur la peau et l’espace de l’œuvre, accentue l’aspect iconoclaste des œuvres et devient alors le champ d’expérimentation plastique.
Parallèlement, il mène depuis 2010 une démarche autour du dessin et de l’art du portrait, dont le point de départ est toujours le travail photographique.

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Le cancer nourrit nos peurs et rassure nos craintes (Virginie). Aquarelle sur papier. 65 x 50 cm. 2015

QUATRE QUESTIONS À LÉO DORFNER

1) Qui êtes-vous ? 
Je m’appelle Léo Dorfner, je suis né le 25 décembre 1985 à Paris, où je vis et travaille.
Je suis diplômé des beaux arts de Caen et des Beaux Arts de Paris.
Je suis principalement peintre, mais je fais aussi du dessin, de la sculpture et de la photo. J’utilise quasi exclusivement l’aquarelle, à la fois en noir et blanc, mais aussi en couleur. Par ailleurs, j’interviens sur des estampes anciennes, types gravure ou lithographie, au crayon de couleur entre autres, en dessinant des tatouages et divers dessins/logos/textes dessus. Enfin, j’ai une pratique de la sculpture qui reprend l’idée de tatouages, mais pas uniquement.

2) Quel est votre rapport au dessin ?
Si l’on considère que le dessin est une œuvre sur papier, alors mon rapport au dessin est très fort, puisqu’une très grande partie de ma production se trouve être sur papier. Personnellement, j’envisage plus mon travail comme de la peinture à proprement parler. Néanmoins, j’accorde une très grande importance au dessin dans mes peintures. Par exemple je réalise toujours des croquis préparatoires. 
Par ailleurs, mon travail sur les estampes me permet de développer tout un langage personnel, en dessin, que je réutilise en gravant des objets par exemple, ou bien sur mes peintures.
Enfin, je considère que les textes que j’écris soit sur mes peintures, soit sur mes dessins, voire que je grave, en plus du sens de la phrase, sont des dessins.

3) Pourquoi avoir accepté de participer à l’expo caritative LE SEIN-DESSIN ?
Quand Madeleine Filippi m’a proposé de participer à l’exposition LE SEIN-DESSIN, j’ai tout de suite accepté. Au-delà de l’amitié qui me lie à Madeleine, j’ai un profond respect pour son travail, et c’est pourquoi j’avais pleinement confiance en la qualité de l’exposition qu’elle proposait. Le cadre avait aussi son importance, et il faut saluer le travail de la galerie VivoEquidem, et tout particulièrement de Max Torregrossa.
Par ailleurs, le cancer du sein a frappé ma famille, ma mère étant décédée des suites de cette maladie. Il va sans dire que je suis sensibilisé à la prévention contre le cancer du sein, puisqu’outre ma mère, plusieurs personnes de mon entourage ont été touchées. Il me semblait important de participer, même modestement, à la lutte contre cette terrible maladie.

4) Que présentez-vous à cette expo et pourquoi ? 
Je présente une aquarelle en noir et blanc, d’une amie qui a eu un cancer du sein. On la voit souriante, détendue, le torse nu. On peut voir la cicatrice sur son sein et les petits marqueurs pour la radiothérapie. 
Il me semblait crucial de donner la parole à une femme touchée par la maladie. Cette aquarelle est le fruit d’un dialogue entre cette femme et moi. Le titre est une de ses pensées par exemple. Aujourd’hui, elle va mieux, et son histoire est porteuse d’espoir pour d’autres femmes.


MOUNIR FATMI

Mounir Fatmi est né en 1970 à Tanger, il vit et travaille entre Paris et Tanger. Son travail traite de la désacralisation de l’objet religieux, de la déconstruction, de la fin des dogmes et des idéologies. Il s’intéresse spécialement à l’idée de la mort de l’objet de consommation. Ses vidéos, installations, peintures ou sculptures mettent au jour nos ambiguïtés, nos doutes, nos peurs, nos désirs. Ils pointent l’actuel de notre monde, ce qui survient dans l’accident et en révèle la structure. L’œuvre de Mounir Fatmi offre un regard sur le monde à partir d’un autre angle de vue, en refusant d’être aveuglé par les conventions.

Quelques mots sur l’œuvre.

Le blanc, lui, tel celui de la série Fragile Communication par exemple, c’est, pour l’artiste, la couleur de la maison, la couleur de sa mère ; le blanc c’est l’intérieur ; le blanc recouvre, il cache l’histoire, il permet de passer à autre chose. Le blanc c’est le nuage… Une phrase du manifeste de Fatmi dit : ‘Je ne sais pas si les nuages me protègent du soleil ou me cachent sa lumière.’ Le blanc, protection intérieure ou effacement de la mémoire. (…) Le dessin, pour Mounir Fatmi comme pour tant d’autres artistes qui dessinent, est en réalité toujours lié à l’idée de l’effacement. Fatmi, quand il dessine, efface beaucoup, avec la gomme, indispensable instrument, mais aussi avec ses mains, avec ses doigts, tant et plus qu’il finit parfois par avoir des ampoules au bout des doigts. ‘Et parfois, dit-il, je me coupe avec le papier, lorsque celui-ci est dur, coupant — la blessure infligée par le papier est alors comme une sorte de trahison.’ Le rapport au dessin devient très sensuel, l’artiste aime le moment de tailler le crayon — avec le taille-crayons c’est comme un corps qui entre dans un autre — mais il aime aussi le tailler au couteau, un geste violent, sensuel lui aussi, quasiment préhistorique lui semble-t-il. Dessiner ? ‘C’est très intime et très sérieux, et ludique en même temps.’ Extrait du texte de Barbara Polla.

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Fragile Communication, technique mixte, 21,5 x 20 cm/ each (dans un cadre de 53 x 37,5 cm), 1999

SARAH FISTHOLE
Sarah Fisthole, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

Née à La Tronche en 1977. Elle vit et travaille à Paris.
Auteure et dessinatrice elle est diplômée de l’école Estienne. Les œuvres de Sarah Fisthole traitent de la féminité et des rapports de dominations. Depuis, 2003 elle a créée sa propre revue « Le Gonzine — La revue œstrogénique » composée uniquement d’auteures féminines.
Très attachée aux techniques artisaneles, elle pratique le dessin, la gravure. 

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La nef des fleurs, 21 x 29,7 cm, encre de Chine, crayons de couleurs, 2015



QUATRE QUESTIONS À SARAH FISTHOLE

1) Qui êtes-vous ?
Je me suis appelée Sarah Fisthole il y a maintenant quelques années.
Je suis née en Isère, en 1977, mais j’ai vécu la majeure partie de ma vie en banlieue parisienne.
J’ai obtenu un bac littéraire dans les années 90 et ensuite je suis entrée à l’école Estienne à Paris où j’ai obtenu au final un DMA Reliure/Dorure. J’ai une formation de relieuse, mais j’ai aussi dans cette école suivi une excellente formation graphique.
Je fais de l’auto-édition, ma formation de relieuse me permet une grande liberté par rapport au livre, très attaché à l’artisanat, je fais tout moi-même. À côté de cela, je fais de la gravure, de la bande dessinée, du dessin… la formation que j’ai reçue à Estienne fait que techniquement je n’ai pas de limites, même si j’ai mes préférences (encre de Chine et plume).
J’ai exposé à Paris, Clermont-Ferrand, Marseille, Versailles et Bruxelles plusieurs fois.

2) Quel est votre rapport au dessin ?
Mon rapport est simple au dessin, j’ai su que c’était ce que je voulais faire dès l’enfance, c’est mon premier vrai souvenir « intellectuel », je devais avoir 3 ou 4 ans. Mes parents avaient une boite de savons joliment emballés dans du papier de soie, avec les danseuses de Degas collées dessus.
Je passais mon temps à aller dans les toilettes pour les regarder. Ce qui est drôle, c’est que je travaille aujourd’hui dans un musée qui possède une grosse collection de toile de Degas… dont les danseuses…
Le dessin est une nécessité, c’est mon autre souffle, sans lui, je cesse de vivre et je me déconnecte du monde à tout jamais.

3) Pourquoi avoir accepté de participer à l’expo caritative LE SEIN-DESSIN ?
J’ai accepté de participer à l’exposition caritative SEIN-DESSIN, premièrement parceque le cancer du sein est une « espèce de tradition familiale ». Beaucoup de femmes dans ma famille l’ont eu. Toutes s’en s’ont sorties (mais une a perdu sa poitrine dans ce combat). Je m’attends donc à en avoir un, un jour… Le cancer est une maladie mortelle, mais au-delà de ça, le cancer du sein touche une partie du corps fondamentale chez la femme. Les seins sont un des éléments du corps qui nous préoccupe tout de suite à l’adolescence et c’est dans la société une vraie charge quant à notre rapport à la féminité. C’est un cancer « compliqué » pour la femme à gérer.
Le sein est aussi ce qui permet la vie (l’allaitement). C’est d’autant plus morbide qu’une maladie s’installe dans cette partie du corps…

4) Que présentez-vous à cette expo et pourquoi ?
J’ai fait une image, je ne souhaite pas développer dessus, il faut la regarder pour cela. J’ai donné des pistes dans les réponses précédentes. J’aime à savoir que l’œil du spectateur est intelligent et qu’il peut de lui-même trouver les idées ou même voir des choses qui m’auront échappés inconsciemment.


CARLOS FRANKLIN
Carlos Franklin, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

Né en 1979. Il vit et travaille à Paris.

Carlos Franklin est un artiste colombien. Diplômé des Beaux-Arts à l’Université de Los Andes en Colombie et d’une maîtrise en arts audiovisuels à Le Fresnoy (France). Il utilise de la vidéo, l’installation et le dessin. Il a également collaboré avec des musiciens pour créer des opéras et des spectacles audiovisuels. Il travaille essentiellement à partir de document d’archives et mène une réflexion sur le langage, qui fonde et légitime les limites de la pratique artistique.

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À gauche : Sans titre, dessin de tissus cancéreux. Graisse et résine acrylique, 29 x 21 cm 13 x 18 cm, 2016
À droite : Sans titre, dessin d’une mammographie. Graisse et résine acrylique, 18 x 13 cm, 2016

CAMILLE DE GALBERT

Camille de Galbert est née en 1982, vit et travaille à New York, États-Unis. Diplômée du conservatoire de Grenoble en danse contemporaine en 2000, Camille de Galbert poursuit sa formation à New York, à l’école de Merce Cunningham. À la suite d’une blessure au genou, elle renonce à la danse et commence à réaliser des dessins et des vidéos en autodidacte. Elle se forme ensuite aux techniques du cinéma et de l’image en mouvement à la NY Film Academy. En 2008, elle crée sa société de production LightHouse Films. L’art de Camille de Galbert se situe au carrefour de plusieurs disciplines. Si elle pratique la vidéo, c’est fort de son expérience de danseuse. Elle fait ainsi preuve d’un grand sens du rythme, mixant images et son avec virtuosité. Le mouvement du corps, recomposable à l’infini, demeure au centre de son travail, prétexte à d’étonnantes chorographies.

Quelques mots sur l’œuvre.

Pour cette œuvre, je me suis basée sur l’idée d’une graine ou d’un embryon qui germerait et pousserait lentement et sur l’idée de ce que l’on croit voir, mais qu’on ne voit pas vraiment. Cela fait aussi penser à un dérèglement de croissance cellulaire ou une coupe verticale d’un organe artiste.

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Untitled,  stylo, encre, vernis sur watercolor paper, 31 x 41 cm 2016

POLE KA 
 

Avec la précision d’une chirurgienne, Pole Ka dessine des corps, les dissèque, les écorche et avec une main sûre nous dévoile ses images acérées. Elle laisse se déployer des personnages étranges et sortis tout droit d’un cabinet de curiosités dans des paysages imaginaires, des scènes grotesques. Dans ces visions naïves et excentriques se mélangent l’animal, le végétal, personnages hybrides et monstrueux, science et religion, l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, les tableaux de Jérôme Bosch et Lucas Cranach, les collages surréalistes de Max Ernst et les enluminures anonymes du Moyen-Age. Anatomies périmées, pathologies disparues, paysages désuets, hypertrophies imaginaires; Pole Ka fait sa propre histoire de l’art, de la médecine et du corps.

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Des seins, des seins, des seins, encre de chine et mine de plomb sur papier, 21 x 29,7 cm. 2016

CENDRES LAVY
 

Artiste-philosophe, Cendres Lavy vit et travaille à Toulouse.
L’artiste réunit et croise deux territoires au sein d’une pratique plastique protéiforme et intense. Elle jongle entre l’estampe, le dessin, la photographie, la peinture, la couture et la poésie pour nous livrer une œuvre extrêmement graphique, abrupte et débarrassée des codes de représentations traditionnels. 

Mon travail s’énonce davantage dans le champ de la vision que dans celui de l’image : ce qui y est montré c’est l’évidence qui comporte « l’impensé » propre à la pensée, ce qui peut la faire raisonner, en toucher l’angle mort ; pour la faire déborder d’elle-même, tenter d’en percer le cliché. 
Je puise dans la réalité, l’iconographie de l’histoire de l’art, celle d’Internet et place ma recherche dans un processus de déshumanisation qui constate à quel point l’image est fascinante et prescriptive, avec quelle force elle se consacre aux rituels magiques et procède en un jeu performatif : ce qui se projette sur un plan se réaliserait simultanément dans un autre, dans la réversibilité du visible et de l’invisible.

Ce qui m’intéresse, c’est de divulguer ce en quoi la réalité ne veut pas se laisser réfléchir, et de signifier que l’image est loin d’être innocente. L’Art m’apparaît comme le terrain stratégique où s’opèrent les plus grands enjeux de la pensée. Les techniques que j’utilise (estampe, notamment) représentent en creux et à l’envers, saisissent une entité sémantique, afin d’en offrir une image à rebours, frontale, active et concentrée.
 C’est par le corps que l’on fait entrer la métaphysique dans les esprits ». 
Artaud « Le pèse nerfs ».


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BRAVER, dessin aux encres, feutres, stylo billes. 21 x 29,7 cm. Papier BFK Rives 180 g., 2015

MARTIN LORD
Martin Lord, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

Né à Montréal, en 1974. Il vit et travail à Paris. 

En regardant ces œuvres, on est en face d‘un système, imaginaire à la trame énigmatique. 

 Que ce soit par le dessin, l‘objet sculptural, l‘animation ou l‘installation, chaque élément est engagé dans un plus large processus interconnectif. 

Puisant des influences dans le cinéma, la bande dessinée, l‘histoire de l‘art, le design et l‘architecture, ce travail s‘apparente autant à un dépliage discontinu de faits et de situations qu‘à un récit opaque. Il donne la forme et l‘élan d‘un récit, le reste est à combler par le spectateur : le sens de l‘œuvre naîtra ainsi du travail collectif entre le regardé et le regardant. 

On y voit la proposition d‘un autre réel. Traités indistinctement par la même ligne claire, le personnage, la structure, le souple, le solide, le vaporeux, l‘onomatopée, le texte et le mouvement s‘entrecroisent dans une apparente neutralité surprenante.

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Personnages sur abstract. Crayon sur Papier contrecollé sur panneau et bois. 150 x 120cm, 2016


LUCIEN MURAT
Lucien Murat, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

Né à Ploemeur en 1986. Il vit et travaille à Paris. Diplômé de la St Martins de Londres Lucien Murat, se plait à explorer différents médiums dans lesquels il confronte les figures traditionnelles et contemporaines, détourne et exagère les discours radicaux que l’on peut entendre pour proposer une satire humoristique où le grotesque et la provocation ont une place de choix. Cette démarche permet à l’artiste d’effacer toute notion de bien ou de mal, et invite ainsi le public à ne pas rester dans l’expectatif et à prendre place dans le processus de réflexion et de redéfinition des mythes de nos sociétés contemporaines.

L’univers chaotique présent dans le travail de Lucien Murat s’apparente lui aussi à la tradition carnavalesque. En effet, l’artiste choisit l’étape du « couronnement découronnement » évoqué par Bakhtine, plus précisément le moment du chaos précédant la réinstauration de l’ordre social. Il manie habilement ces procédés stylistiques et crée ainsi une esthétique carnavalesque contemporaine.

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À Dada ! 70 x 100 cm, feutres sur papier. 2016


DOMITILLE ORTES
Domitille Ortes, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

Née en 1968. Elle vit et travaille à Paris. Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Elle s’interroge essentiellement sur l’humain et plus précisément sur la construction identitaire, le glissement d’un état vers un autre. Ses principales thématiques sont propres à l’adolescence et aux périodes charnières de l’existence. Elles évoquent souvent la sexualité, le désir (ou le refus) de maternité, l’étouffement, le deuil et plus globalement, la condition féminine.
 

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Encordée, mine de plomb et crayon de couleur sur papier, 32 x 24 cm, 2012

QUATRE QUESTIONS À DOMITILLE ORTES

1) Qui êtes-vous ?
Née en 1968 en France, je vis et travaille à Paris. Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Je m’interroge essentiellement sur l’humain et plus précisément sur la construction identitaire, le glissement d’un état vers un autre. Mes thématiques sont propres à l’adolescence et aux périodes charnières de l’existence. Elles évoquent souvent la sexualité, le désir (ou le refus) de maternité, l’étouffement, le deuil et plus globalement, la condition féminine. Je m’exprime à travers différents médiums : peinture, dessin, aquarelle, photographie, photosculpture, vidéo.

2) Quel est votre rapport au dessin ?
Le dessin ouvre chez moi des pistes, amorce généralement une série et peut servir de base à une nouvelle peinture. À travers ce médium, je cherche à mettre en valeurs le blanc du papier, à créer ainsi une impression de pureté en rapport avec l’innocence de l’enfance.

3) Pourquoi avoir accepté de participer à l’expo caritative LE SEIN-DESSIN ?
J’ai été particulièrement touchée par la proposition de Madeleine Filippi.
En effet, deux de mes collectionneuses ainsi qu’une amie galeriste ont été récemment affectées par la maladie. C’est donc une façon pour moi de participer à leur guérison.

4) Que présentez-vous à cette expo et pourquoi ?
J’ai choisi de présenter un dessin sur le thème mère-fille et donc sur la nécessité pour l’enfant de se détacher du sein maternel afin d’accéder à son futur statut de femme.
Le dessin « Encordée » s’inscrit dans une série sur la quête identitaire d’une adolescente.


BERTRAND ROBERT
Bertrand Robert, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

Peintre à la base, c’est pourtant vers le dessin contemporain que Bertrand Robert s’est tourné quand il a décidé, après un arrêt de 15 ans, de montrer de nouveau ses œuvres au public. Son travail interroge notre rapport à l’image et à notre intimité qui est dévoilée, il invente des personnages fictifs : Curtis, qu’il montre sous différents aspects. Il part d’images d’archives, des réseaux sociaux, puis il décline une orientation, un contexte.

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Série : { contre } temps / Emma Peter Smith, carte bulle / graphite / huile de carthame / crayon de couleur / rollers / molotow ] 26 X 26, 2016

- je garde tout... précieusement... pour ne pas m’effondrer... ta délica- tesse... ton souffle... qui réchauffe mon corps meurtri -

- ne t’inquiète pas... j’ai appris à prier... afin de conjurer le mauvais sort... repousser les épines du corps... même au-delà des cieux -
 - j’envoie de douces caresses aux démons... de tendres baisers au ciel... pour alléger la douleur de mon corps -
 - j’ai traîné mon âme à résister contre ce gouffre de solitude... cet isolement sourd... lutter encore... pour ne pas sombrer -
 - comment l’accepter? un cri sourd percuta mes os... mes larmes... puis cette douleur qui s’effondra au creux de mon ventre -

FRED SALLAZ

Se manifestant à travers une multiplicité de formes et de médiums (dessins, abris, cabanes, installations), empruntant à toutes sortes de références (dessin de presse, cultures alternatives, land art, architecture vernaculaire), le travail de Frédéric Sallaz peut aussi bien se déployer dans la nature et en faire son objet que recourir aux arts graphiques dans l’espace modeste d’une feuille de papier.

Mais par delà leur éclectisme, ses œuvres traduisent des principes communs qui fondent sa démarche artistique. Que ce soit par un humour grinçant et un esprit critique prononcé, par leur emprise au territoire ou grâce à l’efficacité et à la poésie des choses simples, elles se rejoignent en effet dans leur tentative de résister au règne de la marchandise et s’affirment non seulement comme formes ou images, mais aussi comme des gestes signifiants nous incitant à regarder le monde avec plus d’attention. (Jérôme Dupeyrat/Maïwenn Walter)

Il est encore à Aurillac

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La jeune fille et la mort #02, encre et encre de chine sur papier. 28 cm x 21cm, 2011
 Die, die my darling, encre sur papier, 28cm x 21cm. 2011
Soupir/Intimenta, micron et encre de chine, 21x29cm. 2015

JULIEN SERVE
Julien Serve, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

(...) Et c’est de cette position de doute qu’émergent ses travaux et notamment ses dessins. Des dessins qui nous parlent de transformations,  d’amputations,  de  la  réalité  du  jour,  d’envol  aussi.  L’artiste  se  situe  dans  un  perpétuel  mouvement  de  balancier entre l’épouvante qui le saisit face au monde, sa propre impuissance à l’infléchir, et l’amour qu’il éprouve pour ce même monde. Texte de Barbara Polla

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Les larmes d’Eros, stylo feutre sur papier, 50 x 30 cm, 2015
Sans Titre, 2 dessins de la série oiseau volé, feutre sur papier, 28 x 20,5 cm chaque, 2014

MICHAELA SPIEGEL
Michaela Spiegel, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

Née 1963 à Vienne, gâtée de manière fine pour conquérir le monde, diplômée de l’école viennoise de l’irréalisme féministe, à la recherche de l’égalité des sexes et des jouets perdus, vue de près technicienne traditionnelle de prises de vues et de consciences,
Créatrice de l’Institut für Heil und Sonderpädagogikinstitut des soins et pédagogie spécialisée — projet d’art et de recherche sur l’hystoire de l’élevage des femmes en captivité, selon les lois de leur espèce), et fondatrice du laboratoire néofémiste Centre Pompadour (à ne pas confondre avec un autre Centre artistique…) en Somme.

Actuellement, songe à la construction d’un panic dark room pour vierges et vieilles chattes au bunker boulimique du premier monde sans second degré.

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Poitrine de Poulet, 75 x 110 cm, pastel sur papier, 2015

QUATRE QUESTIONS À MICHAELA SPIEGEL

1) Qui êtes-vous ?
Je suis artiste néoféministe. Autrichienne de naissance et pas encore décapitée, Européenne de cœur et pas encore expulsée, Viennoise peu sucrée, Picarde ficellée, végétarienne comme Anderson Pam avec moins de poitrine, végétarienne comme Garbo Greta, mais moins divine.
L’absurdité du rôle de la femme me travaille en toute technique, bref, je suis membre au club du carlin et je trouve ça chic.
www.michaelaspiegel.org

2) Quel est votre rapport au dessin ?
Quand il en faut, il en faut. C’est ainsi par rapport aux rapports.

3) Pourquoi avoir accepté de participer à l’expo caritative LE SEIN-DESSIN ?
… parce que Madeleine F. m’a gentiment demandé, parce que j’aime bien Madeleine F. et parce que j’aime bien les seins — pas forcément ceux de Madeleine F.

4) Que présentez-vous à cette expo et pourquoi ?
Je montre une nature morte classique, un arrangement poitrine-de-poulet-crabe-coupelle-de-verre au pastel sec, noir et blanc. En France on mange des crabes et on guérit le cancer, mais dans ma langue maternelle, l’allemand, le cancer est aussi l’animal qu’on mange, avec de la mayonnaise de préférence.
Et on ne va pas se faire bouffer, donc on dessine.


JEANNE SUSPLUGAS
Jeanne Susplugas, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

Née à Montpellier. Elle vit à Paris. « Engagée, mais non militante, la démarche de Jeanne Susplugas s’en prend à toutes les formes et toutes les stratégies d’enfermement tant pour interroger les relations de l’individu avec lui-même qu’avec l’autre. » (Philippe Piguet in Semaine 13.13).
Les médiums qu’elle explore sont autant de vecteurs instruisant les termes d’une esthétique singulière que détermine un être au monde obsessionnel, tour à tour troublé et rassuré, inquiet et serein, solitaire et complice. 
Son travail a été largement montré dans des lieux tels le KW à Berlin, la Villa Medicis à Rome, le Palazzo delle Papesse à Sienne, le Palais de Tokyo à Paris, le Fresnoy National Studio, le Musée d’Art Moderne de St Étienne, le Musée de Grenoble, ainsi qu’à l’occasion d’évènements tels Dublin-ConTemporary, la Biennale d’Alexandrie et de Shanghai ou Nuit Blanche à Paris.

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Cuillère, pillules, encre sur papier, 29 x 22cm. 2011

QUATRE QUESTIONS À JEANNE SUSPLUGAS

1) Qui êtes-vous ?
Je vis à Paris et suis docteure en Histoire de l’Art diplômée de l’Université Paris I-Panthéon Sorbonne. Mes recherches s’articulent autour des stratégies d’enfermement afin d’interroger les relations de l’individu à lui-même et à l’autre. J’explore différents médiums qui sont autant de vecteurs instruisant les termes d’une esthétique singulière que détermine un être au monde obsessionnel.
Mon travail a été montré dans des lieux tels le KW à Berlin, Pioneer Works à Brooklyn, la Emily Harvey Foundation à New York, la Villa Medicis à Rome, le Palazzo delle Papesse à Sienne, le Palais de Tokyo à Paris, le Fresnoy National Studio, le Musée d’Art Moderne de St Étienne, le Musée de Grenoble, le Musée en plein air du Sart Tillman à Liège, au Shanghai 21st Century Minsheng Art Museum, à la maison rouge à Paris, au FRAC Haute-Normandie, à la Margaret Lauwence gallery de Melbourne, à la Marymount Manhattan College Hewitt Gallery à New York, au Centre d’art Le Lait à Albi, à Art in General à New York, à la Magacin gallery de Belgrade, à la Chapelle de la Visitation-Centre d’art à Thonon les Bains, au Wyspa Institut of Art à Gdansk, à La Piscine-Musée d’Art et d’Industrie à Roubaix , au MOCCA de Toronto ainsi qu’à l’occasion d’évènements tels Constellation (pré-ouverture du Centre Pompidou-Metz), Dublin-Contemporary, la Biennale d’Alexandrie, l’International Videonale à Detroit, au Dashanzi International Art Festival ou Nuit Blanche à Paris.
Mes films ont été présentés lors de festival tels Hors Pistes (Centre Pompidou, Paris), Locarno International Festival, Miami International Festival, Festival Images à Vevey (S), Les Instants Vidéos à Marseille ou Les Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid.

2) Quel est votre rapport au dessin ?
Le médium est au service de l’idée, c’est pourquoi mon travail se décline selon différents paramètres. Je ne privilégie pas vraiment l’un par rapport à l’autre, mais il arrive selon les périodes et les projets que certains dominent.
Mon travail de dessin est presque quotidien et je m’autorise plus de liberté, lié au médium même. Je réagis à une certaine actualité et je puise mes « modèles » dans la presse, les mensuels, les diverses sources d’informations qui nous sont proposées faisant une première « analyse » ou interprétation de mes champs d’investigations. Ainsi, la collecte systématique d’images peut se voir comme une sorte de journal intime de mes déplacements et de mes rencontres. J’opère donc par sélection et par thématique selon ce protocole à la fois très strict et d’une grande souplesse.
C’est pourquoi j’ai réagi à une certaine époque au trafic de médicaments dans le monde en reprenant des images de presse, Sales woman, montrant des femmes et des enfants transportant des bassines de médicaments dont la grande majorité sont des faux.
La série Containers, mise en place depuis quelques années, fonctionne en tirant sa substance dans mes lectures. Je collecte au fil de mes lectures, toutes les phrases qui m’intéressent traitant de mes sujets de prédilection, que je viens inscrire sur une série de boîtes de comprimés.
Depuis quelque temps, je réalise des Arbres généalogiques aux allures anodines, entre fiction et absurdité. Ils font référence au génogramme surtout utilisé en thérapie familiale et en psychiatrie mettant en avant l’existence d’un coconscient et d’un coinconscient familial, social et groupal.
Mais aussi à une série intitulée Flying house qui sont des portraits répondant à une urgence, « que prendriez-vous si vous deviez quitter votre lieu de vie dans l’urgence avec l’idée de ne peut-être jamais y revenir ? »

3) Pourquoi avoir accepté de participer à l’expo caritative LE SEIN-DESSIN ?
Il me semble indispensable de soutenir les gens qui s’engagent pour des causes aussi fortes. J’ai beaucoup d’admiration pour des personnes, comme Madeleine Filippi, qui sont à l’initiative de tels événements. Il en est de même pour les lieux comme le vôtre qui soutienne ces projets en offrant leurs murs.Si la vente de notre travail peut contribuer à l’avancement de la recherche, c’est fantastique. Pour cette exposition en particulier, je réagis aussi en tant que femme qui voit ses amies touchées les unes après les autres par la maladie et toutes les souffrances qu’elle induit.

4) Que présentez-vous à cette expo et pourquoi ?
Je présente un dessin tout simple, une cuillère remplie de médicaments.
Il n’existe pas de graves maladies sans prise de substances. La cuillère renvoie au quotidien, à un geste, avec toutes les questions que cela engendre.
L’obligation de faire confiance à son médecin et au traitement qu’il prescrit. Le malade s’en remet à lui. Mais tous ces médicaments soulèvent beaucoup de questions, notamment sur leur efficacité, mais aussi sur les effets secondaires.
Les médicaments que je dessine sont colorés et attirants. C’est là toute l’ambiguïté de mon travail toujours entre séduction et répulsion.


MARION ZILIO
Marion Zilio, photo Max Torregrossa, VivoEquidem
 

Marion Zilio est docteure en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts et enseignant-chercheur. Elle mène également une activité de critique d’art et de commissaire d’exposition indépendante. En 2014, elle commence une série de « petits dessins » aux vernis à ongles sur des vieux livres qui ont été depuis exposés en France et à l’étranger.

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La constellation du cancer, vernis à ongles et paillettes sur Atlas, 23 x 30 cm. 2016

QUATRE QUESTIONS À MARION ZILIO

1) Qui êtes-vous ?
Je suis docteure en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts et enseignant-chercheur à l’université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Je mène également une activité de critique d’art et de commissaire d’exposition indépendante. En 2014, je commence une série de « petits dessins » aux vernis à ongles sur des vieux livres. Repérés sur Instagram et les réseaux sociaux, ils ont depuis été exposés en France et à l’étranger. Née en 1984, je vis et travaille à Paris.

2) Quel est votre rapport au dessin ?
À deux ans, je voulais faire « dessineuse », à six ans « quelque chose dans l’art ». Aujourd’hui, je dessine le dimanche.

3) Pourquoi avoir accepté de participer à l’expo caritative LE SEIN-DESSIN ?
Le cancer m’a volé des êtres chers. Pour faire leur deuil, il fallait que je les dessine. Participer à cette exposition caritative avait tout son sens.

4) Que présentez-vous à cette expo et pourquoi ?
Je présente une femme suspendue à l’envers et liée par un cordage sur une page d’encyclopédie. Si le Shibari est associé à une forme d’emprisonnement ou de torture, il est aussi un art érotique du bondage, dont les caractéristiques sont celles de la sensualité, de la vulnérabilité, mais aussi de la force. Hérité des arts martiaux japonais, le Shibari développe une esthétique plus spirituelle que fétichiste : l’inconfort, le déséquilibre, la tension permanente mènent à l’acceptation de la contrainte et à son dépassement. Réalisé aux vernis à ongles et paillettes sur la page « cancer » d’un vieil Atlas, ce dessin fonctionne comme un chiasme, où la superficialité rencontre la profondeur, où ce qui lie, libère, où le produit cosmétique, destiné à embellir, est aussi ce qui masque et protège.


ZOULIKHA BOUABDELLAH

Zoulikha Bouabdellah vit et travaille entre Paris (France) et Casablanca (Maroc). Née en 1977 à Moscou, Zoulikha Bouabdellah grandit à Alger et rejoint la France en 1993. Diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Art de Cergy-Pontoise en 2002, elle vit et travaille aujourd’hui à Casablanca. Son œuvre, protéiforme, puise dans cette identité plurielle et mondiale. Elle a recours à la subversion et la transgression pour atteindre la conscience du spectateur. La condition de la femme est un des thèmes principaux de son œuvre.

Quelques mots sur l’œuvre.

La série de sérigraphies réalisée sous l’intitulé Afrita Hanem est une le fruit d’une démarche qui suit la direction exposée par la chorégraphe allemande Pina Bausch qui, soulignant ses difficultés à s’exprimer par les mots, déclara dans une interview, à propos de ses débuts comme danseuse : « when I was moving, I could feel » (2002). Cette définition de la danse comme instrument de l’émotion et du sentiment, et dont la langue se définit à travers la gestuelle du corps, est très proche des expressions cachées, messages implicites et

autres sous-entendus contenus dans les scènes filmées ou photographiées de danseuses orientales. Sensualité et sexualité s’interpénètrent avec la figure de la femme soumise et entravée.

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 AFRITA HANEM V ( MADAME DIABLESSE). Sérigraphie, 100 x 70 cm, Ed. 2/4. 2013

TATIANA WOLSKA

Le travail de Tatiana Wolska procède de l’écriture par itération, la main de l’artiste assemble ou ré-agence les matériaux investis avec le plaisir d’une répétition qui cherche son motif.
Ses œuvres présentent l’écheveau d’une composition aux gestes simples et précis interrogeant librement le rapport de la production à l’exposition. Métaphores intimes et frontales, ses œuvres rappellent une tentative de remédier au symptôme de la modernité qui a pu séparer sujet et objet.
L’artiste sait troubler les frontières avec humour et poésie par des œuvres présentées comme « réceptacles de sculptures potentielles » ou écrins à quelques espèces d’espaces. Ses processus de travail inventent un répertoire sans programme à l’organisation à la fois évidente et incongrue, intime et généreuse. La posture de l’artiste aborde l’identité par le multiple, l’imaginaire par la fiction, et semble délibérément étirer le temps pour laisser révéler ce que l’œuvre fait. Tatiana ne dessine pas quelque chose, elle dessine et sans doute procède-t-elle de la sculpture comme du dessin. Elle éprouve un geste, en étire les dérives pour laisser les résurgences inventer des mondes. L’œuvre de Tatiana à cet égard a également trait au baroque par des figures organiques récurrentes qui modèlent la surface ou l’espace. Artiste en « homo faber », on peut certainement promettre, pour reprendre Merleau-Ponty que « si (ses) créations ne sont pas un acquis, c’est aussi qu’elles ont presque toute leur vie devant elles. »

Quelques mots sur l’œuvre.

La cicatrice comme cartographie. Évoque tour à tour une poitrine et une fente. Œuvre allégorique. Le calice féminin comme matrice.

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Sans titre, Encre noir sur papier, 33 x 24cm. 2016