Source - Jean de CALAN

[EXPO] DU 19 JUIN AU 26 SEPTEMBRE 2009   / DOSSIER DE PRESSE (pdf)  /  JEAN DE CALAN  /  ENTRETIENTEXTEŒUVRES EXPOSÉES

Photographies
Du 19 juin au 26 septembre 2009
Artiste : Jean de Calan
Lieu : galerie VivoEquidem, 113, rue du Cherche-Midi 75006, Paris, FR
Tél. : +33 (0)1 83 97 22 56 ou +33 (0)6 16 81 01 48
Ouverture : du mardi au samedi de 15h à 19h30

Contacter la galerie par mail

Du 19 juin au 26 septembre, la galerie VivoEquidem ouvre pour la première fois son espace d’exposition au travail d’un artiste photographe. Photographe des lieux, Jean de Calan présente une sélection d’oeuvres représentatives de son art.

Boulogne-sur-Mer, Beauvais, Vernon, Paris…. Dans toutes ces villes, Jean de Calan a posé son regard, photographiant façades de maisons privées, vitrines de magasins, angles de rues, trottoirs….. S’il s’attache à ces endroits apparemment « sans qualités », plutôt qu’à des ensembles reconnus du Patrimoine, c’est principalement pour des raisons personnelles. Il s’agit pour lui de rendre compte sans les dénaturer de ces espaces du quotidien. Son oeil y capte la singularité d’architectures rarement valorisées, comme, par exemple, celle de la Reconstruction (1945-1962)


 Jean de Calan préparant l'exposition

 

[…] Certaines photographies suggèrent […] une moins grande distanciation que face au milieu urbain dépourvu de toute présence humaine. C’est le cas de Source, forêt de Lyons (Eure) (2006) ou de la colline sableuse de la Pointe aux oies, Boulonnais (2009). Dans le premier cas, la lumière qui traverse les feuillages à contre-jour crée un lyrisme contenu, tandis que dans le second, le noir et blanc accentue le relief accidenté et transforme les dunes en vagues gonflées par le vent. Ces images ont également pour point commun de petites silhouettes d’enfants qui se dessinent au sein de ces sites naturels. Pareils personnages sont comme l’indice que les photographies de Jean de Calan ne peuvent se réduire à leur mécanisme optique capable de rendre compte de manière détachée d’un lieu et de ses qualités topographiques. Aussi discrets soient-ils, ces « lutins » précisent que ses images sont également dépositaires de sensations et d’affects, d’énergies et d’intensités, bref, de tout ce qui constitue le rapport physique d’un individu à une situation donnée. Sans ostentation, ils disent en quelque sorte l’introduction à pas de loup dans le domaine de la matière, avec lequel l’enfance entretient un rapport évident de complicité.

Dans son célèbre texte Enfance berlinoise, Walter Benjamin écrivait à ce sujet : « Je connaissais déjà dans l’appartement toutes les cachettes et j’y retournais comme dans une demeure où l’on est sûr de tout retrouver à son ancienne place. Mon coeur battait, je cessais de respirer. Ici, j’étais enfermé dans le monde de la matière. Celui-ci se montrait à moi de manière prodigieusement nette, il s’approchait silencieusement de moi. Ainsi celui-là seul qu’on pend comprend ce que sont la corde et le bois. L’enfant caché derrière la portière devient lui-même quelque chose de blanc et qui flotte,un fantôme. » Dans cette perspective, la photographie n’est pas exclusivement un objet qui permettrait de fixer froidement les souvenirs et de les conserver avec une grande netteté. En tant que pratique, elle est aussi un matériau qui se charge d’une densité complexe, en raison de son pouvoir magnétique de rappeler à elle des impressions échappant à la conscience et surgissant à l’improviste. Ces impressions sont les marques du vécu que la matière laisse sur chaque individu, dans l’intimité de son corps.

Nous voici très loin de l’archive. Comme si nous avions passé un pont invisible menant vers cette mémoire involontaire à propos de laquelle Marcel Proust écrivait que « l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir[1] ». Ce pont n’est pas visible à l’œil, il est plutôt sensible à l’intuition. Il est la manière dont le photographe paraît s’inscrire en filigrane dans son travail de documentation et de ce fait, le déborde. Bien entendu, la plupart de ses clichés ne quitte pas le registre analytique propre au regard de l’archéologue contemporain. Toutefois, il suffit de quelques images plus secrètes pour que soit présent dans cet ensemble une dimension inconsciente, qui confère à chaque chose une épaisseur temporelle et psychique. Il en est ainsi des Immortelles, Paris (2008), un bouquet de fleurs en train de se flétrir dans une eau qui a jauni. À l’instar des architectures, cette vanité inscrit la photographie dans une durée. Elle est l’une des rares scènes d’intérieur prises par le photographe, l’un des rares détails aussi. Elle s’affranchit de l’usage informatif sur laquelle Jean de Calan insiste habituellement. Elle est une sorte de réserve, une pudeur, qui résiste à toute signification explicite, mais convoque des images de dimanches après-midi, de moments d’ennui, et de grands-parents. Tout ceci flotte à présent à la surface de la mémoire, comme les bribes d’une histoire qui resterait à écrire. Quant à Boulogne, Beauvais et Vernon, ces noms résonnent maintenant tout autrement.

Fabien Danesi (mai 2009)

 

 

JEAN DE CALAN

Né à Paris en 1966, Jean de Calan suit l’enseignement de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. En 1992, il part travailler un an et demi au Centre culturel français de Bamako. A son retour en France, il devient photographe indépendant pour des musées et des architectes, tout en menant ses propres projets artistiques axés sur la ville et les lieux.

 

« Ne pas trouver son chemin dans une ville, ça ne signifie pas grand-chose. Mais s’égarer dans une ville comme on s’égare dans une forêt demande toute une éducation. Il faut alors que les noms des rues parlent à celui qui s’égare le langage des rameaux secs qui craquent, et des petites rues au coeur de la ville doivent pour lui refléter les heures du jour aussi nettement qu’un vallon de montagne. Cet art, je l’ai tardivement appris ; il a exaucé le rêve dont les premières traces furent des labyrinthes sur les buvards de mes cahiers. »

Walter Benjamin, « Tiergarten », Enfance berlinoise, 1933-1935.

 

Voir aussi : 

Lui envoyer un mail la galerie lui transmettra 
Site web de l'artiste

 

Mots clefs : Jean de Calan, photographie, architecture, Boulogne-sur-Mer, ville, Vernon, Beauvais 


 

Route départementale 9 Hanvoile, pays de Bray, 2004 

 

Rue Denis-Thueux (côté Bucaille), Boulogne-sur-Mer, 1999


ENTRETIEN AVEC FABIEN DANESI    
     

Danesi : Tu exposes à la galerie VivoEquidem à partir du 19 juin [2009] un certain nombre de tes photographies. Mais je voudrais signaler que tu as tout d’abord travaillé avec cette galerie comme photographe d’oeuvres. Existe-t-il selon toi un rapport entre ces deux pratiques ?

Calan : Je suis photographe indépendant depuis 1994 et j’ai commencé par reproduire des œuvres pour des musées, des galeries, des artistes et des architectes. Qu’il s’agisse de peintures, de dessins, de sculptures ou d’édifices, je dois rendre compte des couleurs et des formes de l’oeuvre de la façon la plus objective possible. Dans le cadre de mon activité artistique, je ne fais pas de reproduction, mais j’utilise néanmoins l’appareil photographique comme une machine à enregistrer. La photographie a cette qualité essentielle de ne pas être un pur produit de l’imagination. On enregistre ce que l’on a devant soi et cela me permet de documenter des lieux. C’est d’une certaine façon un retour aux sources de la photographie, comme lors de la mission héliographique de 1851.

Danesi : Le titre de ton exposition est justement ce terme : Sources. Peux-tu expliciter ce choix ?

Calan : Pour moi, le mot Sources renvoie tout d’abord à la dimension d’information de mes photographies : j’essaie de faire une description à la fois géographique et historique de certaines situations. Et à ce titre, l’image est à considérer comme un document d’archive. Le terme Sources désigne aussi une origine. Dans mon cas, les lieux choisis évoquent des généalogies, qu’elles soient d’ordre familiale (Boulogne) ou artistique (Beauvais).

Danesi : L’une d’entre elles porte ce titre. C’est une vue de la forêt de Lyons, dans l’Eure. On y voit la silhouette d’un enfant, en compagnie d’un chien, à l’orée d’un bois, auprès justement d’une source.

Calan : Cette vue littérale convoque également pour moi des images-sources qui relèvent presque du conte pour enfant, comme Pierre et le Loup et Le Petit Poucet. Il serait plus honnête de ma part de souligner que je ne témoigne pas réellement de l’expérience de ce petit garçon à ce moment précis mais beaucoup plus de la mienne le photographiant. Je me projette dans ce personnage.

Danesi : En même temps, ta photographie n’est pas subjective. Elle présente le plus souvent les signes d’une mise à distance.

Calan : Il est vrai que je me sens beaucoup plus d’affinités avec le travail des Becher qui ont réagi contre la subjective fotografie. Je suis particulièrement sensible au fait que l’on trouve dans leurs photographies à la fois l’objet et la métaphore. L’objet est nommé, classé, tout en étant le symbole d’une histoire.

Danesi : Est-ce toujours la tienne ?

Calan : C’est une histoire individuelle qui s’inscrit dans l’histoire collective.

Danesi : Quel est ton rapport par exemple avec le quartier Saint-Pierre à Boulogne que tu as photographié entre 1999 et 2000 ?

Calan : C’est l’ancien quartier où vivaient les pêcheurs. Il se situe en centre ville, sur une colline voisine de la Haute Ville cintrée de remparts, où habite ma famille maternelle. Il a été presque entièrement reconstruit après la guerre et n’est plus habité par une seule catégorie socioprofessionnelle. Peut-être suis-je allé dans ce quartier comme l’enfant qui ouvre le placard parce qu’on lui a dit qu’il ne présentait pas d’intérêt particulier ? Le quartier Saint-Pierre est exemplaire dans sa modestie. Il se parcourt à pieds en quelques minutes, mais sa situation géographique permet des points de vue sur les activités économiques (le port, l’aciérie), sur d’autres quartiers et mêmes sur d’autres villes (Outreau, Le Portel), ou encore sur le large. La grande histoire est présente mais ne s’impose pas comme en Haute Ville. Son échelle est plus proche de la mienne. Cela me permet en quelque sorte de croiser les histoires sans les hiérarchiser. Je peux être là, me projeter et voir les trésors du placard délaissé. Le nom des rues – qui est aussi la légende de mes photographies – témoigne donc de cette histoire qui va de Napoléon à la Seconde Guerre mondiale. Il existe un véritable décalage entre ce que représentent ces appellations dans l’imaginaire boulonnais (Rue du Fort Rouge, Le calvaire des marins ou La Baraque de l’Empereur) et l’apparence de ces habitations « sans qualité ».

Danesi : Mais dans quel état d’esprit es-tu au moment des prises de vue ?

Calan : C’est quasiment électrique. Il y a un caractère atmosphérique, météorologique. La lumière joue un rôle fondamental. Dans certaines situations, cette charge n’existe pas et je n’ai alors rien envie de photographier. C’est comme une source d’énergie purement contextuelle, déterminée par le lieu et le moment. Dans cet état d’esprit, je découvre à nouveau des lieux que je connaissais déjà. Je les parcours, à la recherche de quelque chose qui doit surgir. Cette expérience, je n’aurais pas pu la vivre dans le quartier patrimonial de la Haute Ville qui est plus directement celui de mon enfance.

Danesi : Tu sembles décrire un phénomène quasiment romantique alors que tes photographies restent très contenues.

Calan : Cette démarche peut avoir une dimension romantique. L’énergie dont je parle me pousse à documenter et décrire le lieu. Je ne cherche pas à représenter un équivalent de mes sentiments.

Danesi : Je voudrais aborder avec toi la question du temps. Tu parles de surgissement. Considères-tu tes photographies comme des instantanés ? 

Calan : Elles ne sont pas des instantanés au sens de «l’instant décisif» (Henri Cartier-Bresson). Je tente de capter une durée, un moment qui passe. Pour cela, j’attends souvent que les personnes ne soient plus dans le champ. Dans le meilleur des cas, on sentira que cette personne vient de passer, que les lieux sont habités. La durée est celle d’une heure, d’une journée, voire d’une époque.

Danesi : Tentes-tu de rendre sensibles les transformations de la ville ?

Calan : À Boulogne, le tissu urbain de ce quartier reconstruit dans l’esprit moderniste des années 1950 est relativement homogène. Il n’a pas tellement évolué depuis. Mais l’aciérie a noirci pendant près de quarante ans les façades des maisons et des immeubles. À Beauvais, le projet était différent. J’ai eu une commande de la ville pour une exposition. Il s’agissait de proposer un dialogue avec un album inédit d’Eugène Atget. En 1904, ce dernier avait photographié les rues de la ville ancienne, comme il avait commencé à le faire à Paris. Pour ma part, je ne suis pas retourné sur les mêmes lieux, mais j’ai réalisé une enquête sur l’évolution de Beauvais. J’ai prolongé l’album d’Atget sur un plan géographique et historique en photographiant quatre communes rattachées à la ville après la Seconde Guerre mondiale, à la suite de son bombardement. Je n’ai pas cherché à photographier une seule époque architecturale. J’ai voulu intégrer dans chaque image des éléments urbains de différentes périodes et montrer des strates historiques, là encore sans hiérarchiser. (suite)

 

Danesi : C’est évident notamment dans cette image du parvis de Notre- Dame-du-Thil avec à l’arrière-plan, la cité de la Soie Vauban, construite en 1962. Dans un grand nombre de cas, tu cadres de telle manière à rendre visible cette géologie urbaine. Il faut ajouter que tu le fais sans en accentuer les contrastes.

Calan : Je ne confronte pas ces différentes époques sur un mode spectaculaire. Je suis souvent frappé par les effets de continuité d’architectures a priori très hétéroclites. Cela est visible par exemple dans Rue de Sénéfontaine où le mur d’une caserne du XIXe siècle semble s’intégrer aux toitures de pavillons construits dans les années 1980. Nous devons presque dissocier ces deux éléments pour comprendre l’histoire du site. 

Danesi : Il en est de même pour Rue du Maire où le toit de l’église prolonge une façade des années 1950, dessinant une maisonnette d’enfant. L’intégration de ces différents vocabulaires urbains est soulignée par la grande douceur des couleurs.

Calan : J’utilise simultanément plusieurs techniques photographiques : le film argentique noir et blanc, (qui a très peu varié depuis le procédé utilisé par Atget), le film argentique couleur et la prise de vue numérique. Les films argentiques sont ensuite numérisés, ce qui permet des tirages à jet d’encre pigmentaire. Ce type de tirage offre la possibilité de travailler la nuance et la saturation des couleurs.

Danesi : Il est possible d’établir un parallèle entre cette variété des techniques et la diversité des strates historiques que tu photographies.

Calan : Ce n’était pas prémédité. Mes images présentent le spectre de la technique photographique, du noir et blanc argentique traditionnel au numérique en passant par le procédé chromogène. En tant qu’archives, elles seront caractéristiques de notre époque.

Danesi : Ce va-et-vient entre le noir et blanc et la couleur a-t-il des incidences sur ton travail au moment de la prise de vue ?

Calan : Je n’ai aucun a priori à l’égard du noir et blanc ou de la couleur. Le choix de l’un ou l’autre se fait devant le sujet. À Boulogne, le noir et blanc m’a permis d’accentuer le caractère charbonneux des murs. Dans la plupart des cas, j’emploie la couleur à condition que celle-ci ne vienne pas dominer l’image. 

Danesi : Pareillement, la lumière est loin d’être expressionniste dans ton travail. Pour autant, elle semble apporter une charge particulière à tes images, comme un « bruit de fond ». Elle n’est pas neutre.

Calan : L‘apparente tranquillité de « l’eau qui dort » m’attire. Et on perçoit souvent une douce étrangeté dans mes photographies. J’utilise parfois la lumière en contre-jour sur un mode presque fantastique. Cette présence du fantastique, toujours inscrite dans le quotidien, élargit la conception admise du document, réduit habituellement à la neutralité.

Danesi : Dans sa Petite histoire de la photographie de 1931, Walter Benjamin expliquait: « Ce n’est pas en vain que l’on a comparé les clichés d’Atget au lieu du crime ». Finalement, le document photographique n’est jamais objectif au sens d’un relevé topographique. Il capte une atmosphère, une ambiance, qui n’implique pas seulement l’œil mais tous les sens et les affects.

Calan : Oui. Mais si on néglige le contenu d’information des images, on risque de rabattre le document à un style ou à un genre. Je n’oublie jamais que les photographies d’Atget, de Walker Evans ou de Weegee sont de véritables documents. Si elles sont considérées comme des œuvres d’art, elles n’en restent pas moins des objets.

Danesi : Tu es plutôt critique à l’égard du formalisme. Cela signifie t-il pour autant que pour échapper au style, il est nécessaire que l’image ait une fonction ?

Calan : Je ne voudrais surtout pas réduire une oeuvre à sa fonction. Mais il est essentiel que les images soient ancrées dans une histoire collective pour pouvoir être partagées, sinon je ne proposerais que mon propre goût.


Danesi : La tradition humaniste nous a habitués à penser qu’une œuvre pouvait être partagée grâce au sentiment esthétique, ce fameux sens commun qui est lié aux créations universelles. Ce qui m’intéresse dans ta remarque, c’est que le partage n’est plus lié à cet idéalisme mais au rôle que jouent les images dans la culture contemporaine.

Calan : Je comprends l’enjeu de cette question et j’ai quelques difficultés à y répondre simplement. Ce qui compte avant tout, ce sont les oeuvres. Dans le cadre de mon travail, une personne qui ne connaît pas les lieux (Boulogne, Beauvais) peut s’interroger sur la possibilité de recevoir grâce à mes images des informations. Quelle est leur validité ? Faut-il avoir une connaissance préalable des lieux pour profiter de ces documents ? Qu’en est-il enfin de leur autonomie si chaque image n’est pas accompagnée d’une légende explicative ? Ma réponse est que je veux faire sentir qu’il y a un caractère concret et terrien dans mes photographies. Ces dernières sont issues d’une expérience personnelle et sont construites à partir d’informations. Si le spectateur comprend ce processus, il comprend que le document est véritablement chargé. 

Danesi : C’est ce qui permet de ne pas s’en tenir à l’apparente banalité de tes images. Le « bruit de fond » que j’évoquais renvoie aussi à cette absence de transparence dans tes photographies, au fait que les informations contenues peuvent échapper au spectateur. De ce point de vue, il n’y a pas d’évidence.

Calan : J’aime beaucoup ce mot. Pour moi, l’évidence n’est pas la transparence. C’est quelque chose que l’on appréhende immédiatement mais que l’on ne parvient pas à épuiser, comme une musique ou un visage. L’évidence te magnétise, t’attire. Je remarque que les grandes oeuvres d’art ont une qualité d’évidence. Mais cela ne s’oppose pas à la richesse de leur contenu. C’est peut-être même cette qualité d’évidence qui crée le mystère dont j’ai parlé. 

Danesi : Tes photographies ont le mérite de donner à voir un espace que faute de mieux j’appellerais provincial et qui n’est pas si souvent montré dans le champ de la photographie contemporaine.

Calan : Ces sujets ne sont pas un choix stratégique de ma part. Comme je l’ai déjà suggéré, je photographie ce qui est à côté de moi. Je ne suis pas un photographe de reportage qui parcourt le monde. Je remarque d’ailleurs que beaucoup d’artistes contemporains traitent finalement de sujets d’actualité. Bien sûr, il ne s’agit pas de s’interdire des sujets. Cependant, il me semble qu’il manque souvent dans leur travail l’affirmation de leur propre position dans telle ou telle situation. Face à l’oeuvre, le spectateur doit sentir ce que l’artiste fait là. 

2009


ŒUVRES EXPOSÉES

 

   
 Rue Saint Lazare, Vernon 2006    Vue depuis le Calvaire des Marins Boulogne sur Mer 2000    1 et 3 rue Engrand Leprince Beauvais 2004
         
   
Rue du Baron Bucaille corsaire Boulogne sur Mer 1999    Racine Beauvais 2004   Place du Général de Gaulle Palais Impérial Compiègne 2004
         
   
Rue du Chanoine Guillemin Boulogne sur Mer 1999    Rue d'Inkerman Boulogne sur Mer 2000    89 rue des Déportés faubourg Saint Jean Beauvais 2004
         
   
Rue du Camp de Droite Boulogne sur Mer 2000    Rue du Mâchicoulis Boulogne sur Mer 1999    Arbre de Jessé église Saint Etienne Beauvais 2004
         
   
 Place du Général de Gaulle Palais Impérial Compiègne 2004    Rue de Bomarsund Boulogne sur Mer 1999    Rue du Camp de Droite Boulogne sur Mer 2000
         
   
 Rue du docteur Degand bas Boulogne sur Mer 2000    Rue du docteur Degand bas Boulogne sur Mer 2000    Immortelles Paris 2008
         
   
Rue Denis Thueux côté Bucaille Boulogne sur Mer 1999    Le Parapet Voisinlieu Beauvais 2004    Esplanade Verdun Beauvais 2004
         
   

 Rue de la Préfecture Saint Quentin Beauvais 2004    Rue du Fort Rouge Boulogne sur Mer 1999    Source forêt de Lyons Eure 2006
         
   
Vue depuis la rue de la Baraque de l'Empereur Boulogne sur Mer 1999    Rue du Maire Beauvais 2004    Chemin Noir Saint Quentin Beauvais 2004
         
     
Ancienne caserne Agel et maisons rue de Sénéfontaine faubourg Saint Jean Beauvais 2004   Parvis de Notre Dame du Thil et la Soie Vauban Saint Lucien Beauvais 2004