Texte [brut] donné par Bert Rückert
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En France depuis 1991, j'ai appris et je pratique la langue française orale. L'écrit reste exceptionnel, ce qui risque de ne pas m'avantager pour cette note d'intention mais je me lance ...
Depuis que j'ai terminé les beaux-arts à Münich, les relations entre les couleurs et les formes sont restées un grand mystère pour moi. A cette époque, je traçais des traits et commençais le travail avec des noirs différents, mats, bleutés, luisants, avec des reflets oranges.
Les noirs et les blancs m'étaient un moyen suffisant pour clarifier ce qu'est une forme, une structure, la surface, la matérialité de la couleur et les supports.
Cette façon de faire était à contre-courant de la peinture des « Neue Wilden » en Allemagne. Ma peinture était plutôt influencée par les peintres américains d'après guerre. Petit à petit, j'ai utilisé d'autres couleurs.
Lorsque je suis arrivé à Paris, la rencontre avec l'impressionnisme et des peintres comme Monet et Bonnard a été un grand choc pour moi: La peinture est lumière. Lentement j'ai changé de support, j'ai commencé à travailler sur toile, j'ai laissé les gris et les couleurs volontairement cassées, salies et j'ai opté pour la luminosité.
Cependant je restais dans la confrontation: deux couleurs séparées très nettement au milieu du tableau. Je dirais aujourd'hui, confrontation sans issue, le oui et le non sans nuance mais, en même temps une façon de faire des tableaux non hiérarchique, qui m'a toujours intéressée.
Après des séries de tableaux avec des accumulations de formes jusqu'à saturation, je regardais en même temps, des fleurs, des feuilles et le côté construit brique par brique, la raideur de mes tableaux me posait problème.
L'un et l'autre se transformait: j'un dans l'autre ou l'un sur l'autre, j'introduisais la fluidité, je laissais la place à la couleur, je ne voulais plus la contraindre trop vite par une forme.
Après la naissance de ma fille, j'ai élargi la séparation verticale à trois voire cinq ou plus de champs verticaux, j'ai trouvé dans un rythme entre lignes droites et lignes organiques, un résultat acceptable pour ce qui me hante: non-hiérarchie et unité.
Pour moi la peinture a un sens: la peinture regardée pourrait être le lien entre les principes de la nature et l'homme, à l'inverse de l'image de l'écran d'ordinateur qui est le lien entre l'homme et la technologie.